L'agriculture stockeuse de carbone : une solution pour le climat ?
Publié le 29/08/2024
Le système alimentaire mondial représente, selon le GIEC (groupe d’experts intergouvernemental sur l'évolution du climat), près d’1/3 des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES). En France, l’agriculture est la 2e activité émettrice de GES (après le transport), représentant 21 % du total national en 20251. Ces chiffres placent l’agriculture au cœur de la lutte contre le réchauffement climatique. Deux principaux gaz à fort pouvoir de réchauffement en sont responsables : le méthane, émis principalement par l’élevage, et le protoxyde d’azote, émis essentiellement par les engrais azotés.
Pour toutes ces raisons, la décarbonation de l’agriculture est aujourd’hui un enjeu majeur. Elle peut se faire en réduisant les émissions de gaz à effet de serre d'une part, et d'autre part en augmentant le stockage du carbone dans le sol. L'agriculture a la faculté de pouvoir faire les 2 !
Stocker le carbone dans le sol, un phénomène naturel
La végétation a la capacité de capter le carbone dans l’atmosphère et d’en stocker une partie dans ses sols. La photosynthèse permet d’expliquer ce phénomène : l’atome carbone, avec deux atomes d’oxygène, constitue le dioxyde de carbone (CO2). Ce gaz, via la photosynthèse, est absorbé par les plantes qui l’utilisent pour se développer. Le carbone est donc présent dans les feuilles, les tiges, les racines et tous les organismes vivants présents dans le sol. Lorsque ces matières organiques meurent, elles se décomposent et redeviennent des particules disponibles pour les plantes.
Le sol et l’ensemble des matières vivantes végétales constituent donc des puits de carbone « naturels ».
Stockage du carbone dans le sol : comment l’agriculture peut-elle participer ?
De nombreuses pratiques permettent de réduire les émissions de GES des exploitations agricoles. L’optimisation des apports d’engrais azotés, la réduction du nombre de passages du tracteur dans les champs, le recours aux énergies renouvelables font déjà partie des pratiques et tendent à se développer.
D’autres pratiques vertueuses permettent d’augmenter le stockage de carbone dans le sol. Il s’agit par exemple de couvrir les sols entre les cultures, de favoriser l’agroforesterie, d’introduire des prairies temporaires, de planter des haies ou de favoriser l’apport de compost.